Presses LEE & Kits de rechargement toutes marques (2)

L'outillage du tireur sportif pour le rechargement

C'est aux États-Unis qu'est fabriquée la presque totalité de l'outillage spécial pour le rechargement; plus de cent firmes se partagent le marché. En dresser la liste dépasserait le cadre de cette page ; il existe d'ailleurs une sorte de catalogue des catalogues: " The Reloader's Digest ", édité par John Amber, qui présente une partie seulement de la production des principaux fabricants.

Presse progressive DillonComme dans tout produit manufacturé, il y a une sorte de hiérarchie dans la qualité. Tout d'abord, le point essentiel, qu'il est très difficile d'apprécier par un simple examen visuel, est la concentricité de tous les éléments de la presse, des matrices et des mandrins; un défaut d'alignement beaucoup plus fréquent qu'on ne le pense rend impossible l'obtention d'une cartouche précise, surtout lorsqu'il s'agit de douilles à collet rétreint.

Le deuxième point est la qualité des matériaux utilisés (fontes et aciers), ainsi que les rectifications éventuelles d'usinage et les tolérances de fabrication. Le troisième point, enfin, est le côté pratique qui doit permettre d'exécuter facilement et sans complications inutiles toutes les opérations de rechargement.

L'outillage à main

Contrairement à ce que l'on peut penser, l'outillage à main ne donne pas des résultats inférieurs à ceux obtenus avec les machines de modèle courant. Certaines opérations, en particulier le recalibrage et l'amorçage, sont réalisées avec une grande précision.

Presse LEE TurretL'inconvénient majeur de l'outillage à main est, d'une part, la lenteur des opérations et, d'autre part, une manipulation souvent fatigante. Son utilisation peut donc intéresser tous ceux qui ne tirent qu'occasionnellement, ou bien certains rechargeurs qui veulent faire des essais sur le terrain même.

Les presses

Les presses permettent d'effectuer les opérations de rechargement plus facilement et plus rapidement; elles donnent, en outre, la possibilité d'aborder certaines techniques, telles que la remise en forme ou la transformation de douilles, ainsi que (pour certains modèles) la fabrication des projectiles chemisés (swaging). 

Pour obtenir le maximum d'une presse, il est absolument nécessaire de la fixer à demeure sur un établi très rigide, scellé au mur et au plancher.

Tous les fabricants ont adopté, pour les matrices, le pas standard américain de 7/8 x 14 (c'est-à-dire 22,225 mm de diamètre et quatorze filets au pouce), créé par la maison Pacific Gun Sight Company, en 1930. 

Certains gros modèles ont un pas de 1 1/4 x 18, ce qui permet le rechargement des cartouches de chasse et de certains gros calibres à douille métallique (jusqu'à la 12,7 de la mitrailleuse), mais ces presses sont livrées d'origine, avec la bague intermédiaire au pas standard.

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Comme il est impossible de décrire toutes les presses; nous allons donc présenter les types principaux. Les Américains désignent généralement les divers modèles par une lettre qui représente approximativement la forme du bâti.

Les Presses C

Ce sont les plus répandues; la plus connue en France est la Spartan, de Lyman, mais la plupart des fabricants proposent des modèles similaires. C'est un matériel simple, d'un prix abordable, et qui permet d'exécuter facilement les opérations courantes du rechargement. Cependant, certains travaux nécessitant de gros efforts ne sont pas recommandés : d'une part la démultiplication du levier n'est pas suffisante, et, d'autre part, il peut y avoir des risques de déformation du bâti.

Les Presses O

C'est une amélioration du système précédent; le bâti, complètement fermé, est d'une rigidité absolue. Ce sont les plus robustes et les plus précises de toutes les presses existantes; elles comportent très souvent un système de démultiplication du levier de manoeuvre. Les travaux les plus durs sont réalisés avec une grande facilité. L'une des plus belles est certainement la R.C.B.S. Rock Chucker. Pacific fabrique également un modèle, plus léger: "Multi-Power ".

Les Presses H

La particularité de ces machines est de pouvoir être posées directement sur le plateau de l'établi. Le point délicat est le parallélisme entre les parties fixe et mobile.

Les Presses I

Ce sont généralement de grosses machines avec une colonne centrale sur laquelle coulisse soit la partie basse supportant le sheil holder (ex. Hollywood), soit la partie haute supportant l'outil (ex. Potter). Elles sont souvent équipées de tourelles et de dispositifs automatiques qui permettent d'atteindre un grand rendement; plus de mille cartouches à l'heure. Ce matériel est surtout utilisé par les clubs et les administrations.

Les Petites Presses multi-dies

Les plus connues sont les modèles à tourelle. Le point délicat de ces presses, surtout dans les modèles de grande diffusion, est la difficulté d'obtenir un alignement parfait entre le support de douille et les matrices, il est très important de repérer soigneusement l'emplacement de chaque outil et de le remettre chaque fois dans le même logement.

Ce type de machine est moins robuste, et surtout moins précis, que les modèles à simple outil.

Les Presses françaises Dillon

Ces presses occupent une place à part; elles pourraient être rangées dans les types I, mais la colonne n'est pas fixe, elle se déplace avec l'outil. La particularité inédite et remarquable de ce système est que la portée, ou distance de guidage, augmente avec l'effort. Autrement dit, lorsque la matrice arrive au contact du support de douilles, la colonne mobile est maintenue sur la totalité de sa longueur. Ces presses existent en modèle à simple outil, et à tourelle ; deux bielles de démultiplication à grand débattement, permettent d'exécuter les plus durs travaux avec une grande facilité. Elles possèdent également un système d'amorçage concentrique, et deux butées qui limitent la course (haute et basse) du porte-outil. Construites entièrement en acier, ces presses comptaient parmi les plus précises et les plus robustes initialement fabriquées.

Les accessoires 

Le Recalibreur intégral à main

C'est le moyen le plus simple pour ramener une douille à ses dimensions diamétrales d'origine. Le centrage est automatique et, pour les cartouches à collet rétreint, il n'y a pas de problème de feuillure, puisque l'étui est enfoncé complètement. L'introduction en force de la douille peut se faire à l'étau, mais le plus simple est de disposer d'une petite presse horizontale à vis, dont on se sert pour les cartouches des fusils de chasse à canon lisse ; ne pas oublier de lubrifier très légèrement la douille.

Les Supports de douilles (Shell Holder)

Le support de douille - qui fait en même temps office d'extracteur - doit être parfaitement adapté au diamètre et à la forme du culot. L'identification est faite au moyen de chiffres qui, malheureusement, diffèrent suivant les marques.

Shell holderUn grand nombre de fabricants ont adopté le modèle dit " standard" qui se monte indifféremment sur plusieurs marques et types de presse; la fixation est faite soit par une vis de pression, soit par clips. Mais si la normalisation est effective pour l'adaptation, elle n'est pas réalisée pour les épaisseurs, ce qui peut présenter de sérieux inconvénients lorsqu'on recharge des cartouches à collet rétreint. La précision du recalibrage intégral dépend, en effet, pour une bonne part, de l'épaisseur du support qui doit normalement arriver en butée sur la matrice. Si les lèvres du support sont trop minces, c'est un recalibrage excessif avec refoulement de l'épaulement, ce qui entraîne un excès de feuillure.

Les supports de douilles n'ont pas toujours la même épaisseur suivant les marques. En principe, il faut utiliser un support de même marque que le jeu d'outils. Si les lèvres sont, au contraire, trop épaisses, c'est un recalibrage insuffisant qui peut gêner la fermeture de culasse. II est donc important d'utiliser des supports de même marque que les matrices et mandrins, même pour les douilles droites.

Outre les systèmes classiques, il existe certains supports universels, avec griffes d'extraction réglables; il est toujours pratique d'en posséder un, en dehors, bien entendu, des modèles normaux. Sur certaines presses de précision, le support de douilles peut être livré sur demande, directement usiné avec le bélier. Il va sans dire qu'une telle disposition assure le meilleur alignement qu'il soit possible d'obtenir. Bien entendu, on ne peut recharger qu'un petit nombre de calibres dont les culots de douilles correspondent au numéro du support.

Le Bras d'amorçage (Primer Arm)

C'est encore un accessoire standard qui se monte sur un grand nombre de presses C et O. Sur le bras d'amorçage sont fixés un petit poussoir interchangeable, un guide et un ressort. En principe, le jeu complet comprend deux guides correspondant aux deux diamètres d'amorces, et quatre poussoirs dont deux adaptés aux amorces arrondies; ce détail est très important : il ne faut jamais utiliser un poussoir plat pour assujettir une amorce arrondie. Chose assez surprenante, le bras d'amorçage, bien qu'adopté par de nombreux fabricants, n'est pas un système rationnel, pour la bonne raison qu'il n'y a pas de butée pour régler l'enfoncement de l'amorce. Aussi, de nombreux amateurs utilisent soit des dispositifs indépendants qui se montent à la place des matrices, soit des petites machines autonomes spécialement conçues pour cet usage. Seule, la presse française Dillon, comporte un dispositif de réglage.

Le distributeur automatique d'amorces

Distributeur d'amorcesExiste pour la plupart des presses; permet de réapprovisionner automatiquement le bras d'amorçage; très pratique lorsqu'on recharge en série un grand nombre de cartouches. En principe, cet accessoire est livré avec deux tubes réservoirs correspondant aux deux diamètres d'amorces américaines.

Le complément presque indispensable de l'alimenteur est la boîte positionneuse d'amorces; elle comporte, à l'intérieur, des stries concentriques. Après avoir versé les amorces en vrac, un léger mouvement de la boîte posée à plat fait basculer celles-ci qui se retrouvent toutes dans le même sens; il est ainsi possible de les " piquer" une à une avec le tube réservoir.

Les Matrices et les Mandrins (Dies)

En dehors du petit outillage destiné à la pince Lyman et à la petite presse junior dont le filetage est 5/8 x 30, la totalité des fabricants ont adopté la norme de 7/8 x 14; à noter qu'il existe une bague de conversion permettant de monter les outils de la pince sur les presses. Les matrices et mandrins doivent être en acier traité.

La précision d'usinage, les tolérances et la concentricité jouent ici un rôle dont dépend la qualité de la cartouche rechargée. Tous les outils possèdent un écrou, avec système de blocage, qui permet de régler la profondeur de vissage dans la presse. Le classement des outils (matrices et mandrins) est fait suivant le type de cartouches à recharger, ou suivant le type de chargement; il existe également des jeux spéciaux, ou des outils séparés, pour exécuter certains travaux ou obtenir une meilleure précision.

Les Jeux d'outils standard à 3 outils pour les douilles droites

Le jeu comprend un recalibreur extérieur intégral, un mandrin de recalibrage intérieur du collet, avec expandeur et tige de désamorçage, une matrice de sertissage avec poussoir de balle. Le poussoir de balle doit correspondre, bien entendu, à la forme de l'ogive ou de la tête. Dans quelques cas, la tige de désamorçage peut faire partie du recalibreur intégral.

Les Jeux d'outils standard à 2 outils pour douilles à collets rétreint

Le jeu comprend : un recalibreur extérieur intégral,dans lequel sont vissés le mandrin de recalibrage intérieur du collet et la tige de désamorçage (à noter que, dans cet outil, le recalibrage intérieur du collet est réalisé de bas en haut), une matrice de sertissage avec poussoir de balle.

Les Jeux d'outils spéciaux à trois outils, pour douilles à collet rétreint et balles de plomb

Le chargement avec balles de plomb nécessite un léger évasement des lèvres de la douille pour éviter un ' rabotage" du projectile lors de l'enfoncement. C'est en quelque sorte un jeu d'outils semblable à celui conçu pour les douilles droites, avec cette différence que la tige de désamorçage se trouve presque toujours incorporée au recalibreur intégral.

Les Jeux d'outils spéciaux à quatre outils, avec enfoncement de balle et sertissage séparés

  • N'existe que pour douilles droites.
  • Obtention d'une plus grande précision.
  • Évite le refoulement du plomb lors du sertissage.

Les Rectificateurs de douilles (Case Trimmer et Trim Die)

Case trimmer hornadyCet outil doit faire obligatoirement partie du matériel de rechargement ; il sert à remettre les douilles, allongées au tir, à la cote d'origine. L'effet d'élongation se manifeste avec tous les calibres, mais est beaucoup plus sensible avec les douilles à collet rétreint. Il n'est pas rare qu'après le premier tir, une 222 Remington, par exemple, ait allongé d'un millimètre. Cette augmentation de longueur a pour cause un amincissement des parois de l'étui, provoqué par la pression des gaz de la poudre. Il va sans dire que la réutilisation de telles douilles pour le rechargement entraîne de larges irrégularités de tir.

Pour savoir si un étui a augmenté de longueur, le plus simple est d'utiliser un pied à coulisse, préalablement réglé sur une douille témoin. Il existe également des jauges spéciales qui permettent le contrôle d'un grand nombre d'étuis. Le type d'outil le plus précis (file trim die) est constitué par un recalibreur intégral dont la longueur correspond à la tolérance maximale de la douille. Si cette dernière fait une légère saillie à l'extérieur, on rectifie les lèvres avec une lime large à taille fine. Le recalibreur, spécialement traité, est inattaquable à la lime. Ce système est le seul qui donne une perpendicularité rigoureuse entre le plan des lèvres du collet et l'axe géométrique de la douille. L'inconvénient est qu'il faut disposer d'un outil par calibre. (A noter que ce système n'existe pas pour tous les calibres.)

L'outil le plus communément employé est une sorte de petit tour miniature qui comporte, d'un côté, un dispositif pour maintenir l'étui (de nombreux modèles utilisent le support de douille de la presse), et, de l'autre côté, une fraise dont le déplacement longitudinal est limité par une butée réglable. Au centre de cette fraise, se trouve un guide interchangeable dont le diamètre doit correspondre au diamètre intérieur du collet de la douille. La rectification en longueur de la douille doit toujours être faite après le recalibrage intégral.

Les Fraises de collets (Chamfering Tools)

Cet accessoire est le complément indispensable du " case-trimmer ". Après avoir rectifié la longueur de la douille, il faut "ébarber" les lèvres du collet. Pour l'extérieur, on peut utiliser de la laine d'acier, mais, pour l'intérieur, un très léger chanfrein est nécessaire, afin de faciliter l'introduction du projectile et permettre également de réaliser un sertissage plus régulier.

Le Nettoyeur pour logement d'amorce (Primer Pocket Cleaner)

II est indispensable de nettoyer le logement d'amorce pour deux raisons La première est que l'accumulation des résidus de combustion finit par réduire la hauteur du logement, la seconde est que ces mêmes résidus peuvent avoir une action sur la composition amorçante. Il est très facile de réaliser cette sorte de petit grattoir, soit avec un morceau de câble d'acier de diamètre approprié, soit tout simplement avec un tournevis.

Fraises pour logement d'amorce (Primer Pocket Reamer)

Il ne faut surtout pas confondre cet outil avec le précédent. Les douilles militaires ont souvent l'amorce sertie; ces fraises sont destinées à rectifier les bords du logement, de manière à permettre le réamorçage (existent dans les deux diamètres Boxer).

Les accessoires LEE

Supports de douilles

Le système de maintien de la douille est en deux parties : il comprend un support, fixé par un écrou dans le bâti de la presse, et des extracteurs, verrouillés sur le support par trois tenons. Il existe également un adaptateur qui remplace le support, et permet d'utiliser les extracteurs américains.

Le Système d'amorçage

Deux systèmes sont proposés : l'un simple (amorçage manuel), l'autre entièrement automatique. A chaque manoeuvre du levier de la presse, l'amorce est directement enfoncée dans son logement. A noter qu'il existe un jeu de pièces, pour transformer l'amorceur simple en automatique. La profondeur et la régularité d'enfoncement sont assurées par une butée à position variable qui se trouve sur la presse.

Les matrices et les mandrins

Le principe est assez différent du système américain ; une seule particularité a été conservee pour une raison pratique, le filetage de 7/8 x 14, il est ainsi possible de monter les outils français sur les presses américaines. Le système se compose essentiellement, pour chaque calibre, d'un seul porte-outil, dans lequel sont introduits les matrices,, les guides, et les mandrins qui sont maintenus par un bouchon, vissé à la partie supérieure. Un jeu de cinq porte-outils de longueurs différentes, couvre la totalité des cartouches existantes.

Le calibreur intérieur de collet (expandeur) comporte, pour tous les types de douilles, un évaseur, ce qui résoud le problème d'enfoncement des balles de plomb. De plus, il existe, pour chaque calibre, plusieurs diamètres échelonnés en centième de millimètre. Chaque jeu d'outils, destiné aux cartouches à collet rétreint, comporte un recalibreur intégral en deux parties la partie inférieure pour le corps de la douille, et la partie supérieure pour l'épaulement et le collet. Ce système permet d'utiliser une même partie du calibreur, pour des cartouches différentes. L'enfoncement de la balle, et le sertissage, sont assurés par un manchon flottant; c'est une matrice qui coulisse librement dans le porte-outils, l'enfoncement du projectile est ainsi rigoureusement concentrique.