Designer les cartouches et les calibres

A notre époque de normalisation, les termes employés pour désigner les cartouches relèvent de la plus grande confusion.

Désignation cartouches pour le tir

Le non-initié a de la peine à s'y reconnaître dans ce fatras de termes et de chiffres qui n'ont, le plus souvent, aucun rapport avec le calibre réel.

différentes cartouches pour le rechargementQuand on dit, par exemple, la 30- 06, la 7,5 française, la 300 H & H, la 7,62 russe, la 303 Savage, la 308 Winchester, etc. peuvent tirer un projectile de même diamètre, soit 7,82 millimètres (compte tenu des tolérances admises), il faut bien reconnaître qu'il y a là incohérence dans les appellations.

D'une façon générale, la désignation des cartouches est faite par deux chiffres. Dans le système européen (issu de la convention d'Erfurt 1909), le premier chiffre désigne, en principe, le calibre et le second la longueur totale de l'étui. Ex. : 8 x 57, 7 x 64, 9,3 x 62, etc.

Mais, en fait, il est rare que ce premier chiffre corresponde vraiment à une valeur diamétrale correcte ; pour le 9,3 c'est bien le diamètre du projectile (alésage 9 mm juste) - pour le 7 x 64, c'est presque l'alésage (6,98) - quant au 8 x 57 JS, le premier chiffre ne représente rien (diamètre de la balle : 8,20 - alésage: 7,89).

Les -choses se compliquent lorsqu'une même cartouche est désignée par des termes différents, suivant l'origine de fabrication.

  • Ex. : 30 Luger, 7,65 Parabellum,
  • 8 mm Mauser, 8 x 57 JS, 7,9 x 57 Mauser,
  • 30 Nato, 7,62 mm N, 308 Winchester, etc.

Lorsque la même cartouche existe dans les deux versions: à gorge et à bourrelet, cette dernière est souvent suivie de la lettre R (rand) qui est la désignation allemande de bourrelet.

Les cartouches américaines

Les Américains n'ont aucun système défini ; le premier chiffre représente évidemment un diamètre (en centièmes ou millièmes d'inch), mais qui peut être: soit l'alésage, soit le diamètre à fond de rayures, soit le diamètre du Projectile le deuxième chiffre peut représenter :

  • soit la charge de poudre, ex. : 44 - 40 ou 40 grains de poudre noire; 30 - 30 ou 30 grains de poudre sans fumée;
  • soit l'année de mise en service, ex. : 30 - 06 (pour 1906);
  • soit la vitesse du projectile, ex. : 250 - 3000 (3000 feet par seconde) • soit l'origine de la douille, ex. : 22 - 250 (douille de 250 à collet rétreint pour recevoir une 22)
  • soit un simple nom d'identification, ex. 22 Hornet (frelon), 220 Swift (rapide)
  • soit tout simplement le nom du créateur, ex. : 270 Winchester - 280 Remington, etc.

La conversion des chiffres nominaux donne le plus souvent des valeurs fantaisistes : par exemple, les calibres 30 et 38 donnent respectivement, après conversion, 7,62 et 9,65 mm, alors que les diamètres réels des projectiles sont 7,82 et 9,09 mm.

Tout cela démontre bien, d'une part, l'impossibilité d'établir un système cohérent de classification et, d'autre part, la nécessité pour le rechargeur de connaître exactement le diamètre à fond de rayures du canon qu'il utilise, de façon à choisir en conséquence la marque ou le type de projectile blindé le mieux adapté, ou, s'il s'agit de balles de plomb, le recalibreur correspondant.

Pour déterminer le diamètre à fond de rayures, on moule une balle en plomb pur (ogivale de préférence) et on l'enfonce avec un petit maillet de bois, par la bouche du canon ; on chasse ensuite le bouchon de plomb avec une baguette de bois sur laquelle on donne quelques légers coups.

On mesure ensuite, au palmer, le plus grand diamètre sur l'empreinte des rayures.