Le choix des poudres pour le rechargement

Le choix de la poudre et la détermination de la charge représentent indiscutablement la clef de voûte du rechargement.

Choix d'une poudre au regard des autres éléments de rechargement

Il y a tout d'abord une règle de base fondamentale que tout rechargeur devrait avoir constamment à l'esprit : lorsqu'il faut choisir une poudre, la question n'est pas, est ce que cette poudre est bonne ou mauvaise mais, est-ce que cette poudre est bien adaptée à telle cartouche, et à tel projectile ? Il arrive, en effet, fréquemment, qu'un mauvais résultat de tir ou une combustion incomplète qui laisse des résidus dans le canon soient interprétés comme étant dus à la qualité de la poudre ; or, une poudre, quel qu'en soit le type, doit brûler complètement, mais sous certaines conditions : vivacité adaptée au rapport des volumes et au poids du projectile, densité de chargement, résistance à l'expansion des gaz, bonne inflammation de la charge (amorçage).

poudres vihtavuoriThéoriquement, si l'on voulait obtenir la parfaite coordination de tous les éléments, il faudrait une poudre pour chaque calibre, chaque capacité de douille, chaque poids de balle et même chaque longueur de canon.

Heureusement, les poudres possèdent une flexibilité d'emploi, assez variable d'ailleurs suivant les types, ce qui permet, malgré tout, une certaine souplesse d'utilisation.

Lorsqu'on dispose d'une source énergétique, il est nécessaire de connaître, à la fois, la valeur potentielle qu'elle renferme et le travail qu'elle est susceptible de fournir.

En ce qui concerne les explosifs, c'est la vitesse de décomposition qui permet d'établir un classement selon leur puissance ; il y a donc un facteur temps qui revêt une grande importance.

Mais, en réalité, la notion de vitesse de combustion est assez différente de la vivacité, car elle ne fait pas intervenir la " fonction de forme ", qui est un paramètre déterminant pour évaluer la vivacité d'une poudre.

C'est donc en tenant compte de ces deux données essentielles que l'on a pu établir une échelle de classement basée sur la vivacité relative ", laquelle est proportionnelle à la vitesse de combustion, sous une certaine pression, et inversement proportionnelle à l'épaisseur de la poudre.

Mais, si la notion de vivacité relative permet de situer la poudre, le rechargeur doit également connaître la définition de certaines caractéristiques qui influent de façons diverses sur le développement des pressions et des vitesses.

Progressivité de la combustion

Ce terme est souvent mal interprété ; il s'agit, en réalité, de freiner la phase initiale de combustion, pour retarder le moment du maximumde pression, soit par un procédé de fabrication (poudres tubulaires ou multiperforées), soit par un additif modérateur ou un plastifiant (poudres sphériques). C'est grâce aux poudres progressives que l'on a pu réaliser certaines munitions modernes à grande vitesse, en permettant notamment d'accroître considérablement les capacités des douilles, par rapport aux calibres, ce qui permet d'augmenter la charge, tout en conservant une pression admissible.

Dégressivité de la combustion

Cette expression s'applique à des poudres dont la surface de combustion diminue de façon constante (poudres en bâtonnet ou en bande).

Potentiel de la poudre

Exprimé en calories/gramme ; c'est la quantité de chaleur dégagée, à la température d'explosion, par la décomposition d'un gramme de poudre sous volume constant. En fait, c'est l'énergie libérée sous forme de gaz.

Force

Peut être définie comme étant la pression, par unité de surface, des gaz de l'unité de poids de poudre occupant, à la température d'explosion, l'unité de volume. C'est le travail effectif produit par la combustion de la poudre.

Densité gravimétrique de la poudre

C'est le poids de poudre correspondant à une unité de volume. Cette caractéristique est très importante pour le rechargeur, en effet; dans le cas d'extrapolation de charge, par exemple avec une poudre américaine, le même poids de poudres, ayant des caractéristiques très voisines, peut occuper des volumes sensiblement différents, ce qui influe indubitablement sur le développement des pressions.

Pour deux poudres de vivacités relatives très voisines, il faut diminuer la charge de celle qui occupe le plus grand volume pour le même poids. Inversement, il faut diminuer la charge de poudre qui, pour un même volume, représente un poids plus grand.

Inflammabilité

C'est la facilité, et la rapidité d'inflammation de toute la surface de la poudre.Cette caractéristique est responsable de bien des déconvenues en matière de rechargement ; elle dépend de trois facteurs principaux.

  1. Le type de poudre, dont la faculté d'inflammation décroît avec la vivacité, cela étant dû, en particulier, aux additifs modérateurs et aux plastifiants ; c'est la raison pour laquelle les poudres lentes nécessitent des amorçages puissants
  2. La résistance à l'expansion des gaz ; la valeur du sertissage joue un rôle très important sur l'allure de combustion, un sertissage énergique favorise la bonne inflammation des poudres lentes
  3. La densité de chargement, qui nécessite les pleines charges pour les poudres lentes.

Les réductions de charges donnent, en principe, de mauvais résultats d'inflammabilité lorsque la vivacité est inférieure à celle de la TubaI 4.

Stabilité

C'est la lenteur de décomposition qui peut sensiblement varier, en fonction des conditions de conservation. Le coton-poudre se dénitre très lentement, en produisant du bioxyde d'azote. Pour accroître la stabilité chimique des poudres, on utilise des produits adjuvants, tels la diphénylamine et l'éthylcentralite. Les deux plus grandes ennemies de la poudre sont l'humidité et la chaleur la première diminue la vivacité, la seconde active le phénomène de décomposition et peut entraîner des surpressions, en raison de l'état de dessiccation il est donc prudent de conserver les poudres dans un endroit frais et sec. D'autre part, certaines machines doseuses volumétriques possèdent un réservoir en plastique transparent ; or, la lumière peut également avoir une influence sur la lente modification chimique de la poudre. Cette dernière devra donc être remise dans son bidon métallique, après les opérations de chargement.