Conditions d'emploi des poudres

Conditions d'emploi des poudres

Il serait idéal de pouvoir édicter, pour l'amateur, des règles définissant les types et les charges de poudres, en fonction d'éléments directement mesurables (volumes, calibres et poids). Mais, s'il est possible de serrer le problème, c'est la méthode expérimentale qui permet de vérifier, et éventuellement de corriger, à postériori, les charges, et d'établir ainsi les tables de chargement qui sont les seules à présenter le maximum de garantie.

Le rechargeur doit tout de même avoir certaines notions de base qui lui permettront d'éviter les erreurs grossières d'appréciation.

Le Rapport des volumes

C'est l'un des points les plus importants pour choisir un type de poudre. C'est le rapport qui existe entre le volume de la chambre à poudre, en l'occurrence la douille, et le volume total de l'âme du canon.

A calibre égal, la position du maximum de pression doit être de plus en plus éloignée de la position de départ du projectile, au fur et à mesure qu'augmente le volume intérieur en fonction des différentes sortes de douilles, ce qui nécessite, par conséquent, des poudres de plus en plus lentes, tirées à forte densité de chargement.

Un exemple typique nous est donné par trois cartouches à percussion centrale de même calibre, mais de capacités très différentes.

  • La 22 Hornet - V2/3 -817 m/s, poudre Ba 5
  • La 222 Remington - V 2/3 - 976 m/s, poudre TubaI 2
  • La 220 Swift - V 2/3 - 1 225 m/s, poudre TubaI 5

Si l'on chargeait la 22 Hornet avec de la TubaI 5, l'inflammation de la poudre lente se ferait très mal, surtout avec les amorces de 4,45, la pression trop basse ne donnerait pas au projectile l'accélération nécessaire et la vitesse initiale serait très faible.

En revanche, si l'on utilisait à pleine charge la Ba 5 dans une 220 Swift, l'extrême vitesse de consomption des grains de poudre produirait une pression maximale très élevée ; avant que le projectile ait atteint une accélération suffisante, il y aurait certainement un risque d'accident.

Un autre exemple peut être donné, avec un calibre beaucoup plus gros, la 44 Magnum et la 444 Marlin.

La considération du seul calibre ne représente donc pas un critère d'appréciation suffisant ; il est indispensable de tenir également compte de la capacité de la douille.

Le Rapport des poids

Poudre suisseC'est le rapport qui existe entre la charge propulsive et la charge à propulser. Si, pour un même poids de balle, l'on veut obtenir une plus grande vitesse initiale, il paraît logique d'augmenter la charge de poudre ; en tenant compte, bien entendu, de la limite de pression admissible.

Mais l'augmentation de charge n'est en principe possible qu'en utilisant des poudres de plus en plus lentes.

C'est en quelque sorte le problème précédent posé sous une autre forme, puisque du calibre dépend la tolérance de poids du projectile, et du volume de la chambre à poudre dépend le poids de la charge de poudre.

Mais, en fait, les douilles étant conçues en fonction de charges déterminées, le rechargeur doit seulement considérer le poids du projectile par rapport au calibre.

Voici un exemple, avec une cartouche très classique : la 270 Winchester. Pour une même charge de 3,15 de TubaI 4.

  • Avec balle de 7,15 g, vitesse 912 m/s, pression (Bar) 2720.
  • Avec balle de 9,72 g, vitesse 859 m/s, pression (Bar) 3490.

En règle générale, pour une même cartouche, un même type de poudre, et une même charge, si l'on utilise un projectile plus lourd, la vitesse diminue et la pression augmente.

La Valeur d'enfoncement du projectile

L'accroissement du poids d'un projectile de calibre donné n'est possible qu'en augmentant sa longueur.

Dans la généralité des cas, l'enfoncement du projectile dans la douille se trouve augmenté, ce qui diminue d'autant le volume intérieur.

A ce propos, certains fabricants de projectiles donnent les valeurs d'enfoncement, pour chaque type de balle, en fonction du type et de la charge de poudre. En résumé, l'utilisation rationnelle des différents types de poudres repose, pour l'amateur, sur trois préceptes :

  • A. Pour un même calibre : La vivacité de la poudre doit diminuer lorsque la capacité de la douille augmente.
  • B. Pour une même capacité intérieure de la douille : La vivacité de la poudre doit diminuer lorsque le diamètre du projectile diminue.
  • C. Pour une même capacité de la douille, un même calibre et un même type de poudre : La charge de poudre doit diminuer lorsque le poids du projectile augmente